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Décrypter les normes d’une huile moteur

Décrypter les normes d’une huile moteur

On entend souvent parler des grades de viscosité (voir article détaillé ici), mais c’est pourtant généralement le grand silence quand il s’agit de parler des normes d’huile moteur. Décryptage.

 

Une norme pour les huiles ?

Et pas qu’une ! Mais avant tout, il faut savoir qu’une huile normée est tout simplement une huile qui suit un cahier des charges de spécifications définies par des associations et des constructeurs. Mais alors pourquoi en faire un fromage ? Parce-qu’il y a tellement de normes que c’est littéralement le chaos…

Pour preuve, voici pour commencer les différents organismes générant les normes de nos chères huiles :

 

  • SAE

C’est l’acronyme de Society of Automotive Engineers (association des ingénieurs automobiles). C’est à la SAE que nous devons les grades de viscosité dont nous vous parlions. Ils ont mis en place un protocole standardisé de mesures en laboratoire pour déterminer la viscosité des huiles.

 

  • API

American Petroleum Institute, cet institut s’occupe de mettre en place les normes d’huiles pour le marché américain (qui est aussi parfois repris sur le marché asiatique). Avec plus de 600 acteurs dans le marché du pétrole, et un budget lobbying qui s’est élevé à 3 millions de dollars en 2009, on peut dire qu’ils ont le marché dans leur poche. Mais au delà du simple lobbying, l’API conduit et finance des recherches afin de standardiser les spécifications minimales qu’une huile doit avoir. Vous trouverez peut-être dans le mode d’emploi de votre véhicule (le pavé que si peu de clients lisent !) quelque chose qui parle de norme “API SJ”, “API SM”, etc…

 

Normes API

 

  • ACEA

Association des Constructeurs Européens d’Automobiles, c’est l’association qui regroupe les 15 plus importants constructeurs européens de voitures et qui établit depuis 1996 des normes suivant un cahier des charges très précis, de la même manière que l’API. Vous avez peut-être déjà remarqué les “ACEA C2” ou “ACEA A5/B5” sur certains bidons.

 

Le cauchemar “made in Constructeurs”

Dans un monde aussi réglementé que l’automobile, il fallait bien que les constructeurs s’en mêlent à leur sauce en passant outre les normes de l’ACEA ou de API et en créant leurs propres normes !

– Une huile spécifique pour les moteurs PSA (Peugeot-Citroën) ?
– Une autre pour les Renault ?
– Une autre pour les Renault avec un filtre à particule ?
– Une spécifique pour les Ford Fiesta à moteur EcoBoost ?
– Encore une autre pour les Ford EcoBoost après 2014 ?

Et vous pensiez que le groupe VAG (Volkswagen, Seat, Skoda, Audi, Lamborghini, Bentley, etc…) allait se passer de ces normes ? Que nenni ! Pareil pour Mercedes-Benz, rebelote pour BMW. Le suédois Volvo n’est pas en reste avec sa dernière génération de moteurs Drive-E. Chacun y va de sa norme et au final, on entre de nouveau dans un casse-tête ! Casse-tête que vous ne devez pas avoir à gérer puisque chez Motoria on s’occupe de sélectionner la bonne huile Motul pour votre voiture, quel que soit son âge et son moteur.

Motul 10W40

un exemple de normes affichées sur un bidon d’huile

Pourquoi créer sa propre norme ?

La réponse tient dans un mélange d’économie et de dédouanement judiciaire : il ne faut pas se leurrer, on sait tous qu’aller au garage peut parfois coûter un rein et un testicule (ou un ovaire) sans pour autant avoir un résultat convainquant. Un constructeur automobile souhaite justement se dédouaner en cas de problème sur un moteur en insistant sur le fait qu’il ne peut être tenu responsable si l’huile utilisée ne correspond pas à la norme fixée pour le modèle précis de véhicule. Bien que fatiguant d’un point de vue professionnel, il faut avouer que ça limite les risques d’utiliser des huiles low-cost qui ont une tendance à endommager les joints de votre moteur, causant une mort prématurée de celui-ci. Il est également à noter que l’arrivée des filtres à particules (FAP) sur les véhicules diesel ont précipité l’arrivée de ces huiles extrêmement spécifiques afin de garantir un bon fonctionnement de ce dernier sans risque de se retrouver avec un FAP bouché !

 

Minérale, Semi-Synthèse, Synthèse ?

L’huile, c’est un peu comme la nourriture en supermarché. On est passé du 100% naturel au purement artificiel. À la différence près que dans le cas d’un lubrifiant pour moteur, c’est plus sain pour la machine qui va la boire.

 

– Minérale : l’huile est issue de la distillation de pétrole brut et autres matières brutes et naturelles. Sa principale faiblesse ? Ne supporte pas très bien les hautes températures, et vieillit très mal. Vous avez déjà oublié une friteuse pendant 2 ans dans le fin fond d’un placard ? Eh bien on en n’est pas loin en terme de vieillissement. Étrangement c’est une huile encore extrêmement courante en Amérique du Nord, et qui se traduit par des vidanges très régulières (tous les 3000 miles ou tous les 3 mois pour beaucoup de Californiens par exemple!)

Mobil Mineral Super 1000

– Semi-Synthèse : introduite sur le marché par Motul en 1966 afin d’améliorer les performances du lubrifiant dans un moteur. Une huile notée semi-synthèse doit “normalement” contenir un maximum de 30% d’huile de synthèse. Sa durée de vie est plus longue que l’huile minérale, et sa tenue à la chaleur est améliorée. Et encore mieux, le film d’huile est bien plus résistant à la pression que la minérale et permet de supporter de plus grosses contraintes tout en remplissant son rôle de lubrifiant.

Valvoline Durablend 5W30– 100% Synthèse : on entre dans la dernière évolution du lubrifiant moteur ! Un condensé de chimie basé sur des lubrifiants totalement artificiels et ayant une durée de vie bien plus longue. Pourquoi pensez-vous que l’entretien d’une voiture est passé de 5.000 à 10.000 puis 15.000 km ? On atteint maintenant les 25 à 40.000 km mais là, c’est jouer à la loterie car en réalité tout dépend de l’usage que vous faites de la voiture (ville et bouchons uniquement, autoroute vide uniquement, etc…). Le simple fait de voir que si peu de voitures modernes vivent plus d’un million de kilomètres par rapport aux anciennes est peut-être un signe bien effrayant

 

En parlant d’ancienne, j’ai vu des huile SAE 30, sans le fameux “W”

Ces huiles ont comme leur nom l’indique un grade de viscosité unique ! De ce fait, la voiture consommera énormément au démarrage jusqu’à atteindre sa température de croisière le temps de fluidifier l’huile. Mais au delà de ça, ces huiles ont surtout très peu de détergent afin de ne pas abimer les joints en papier, tissu ou feutre des voitures (très) anciennes. Les joints en métal en 1902, c’était pas encore ça !

Motul SAE 30Du détergent dans l’huile ?

De la même façon que lorsque vous passez la serpillière, l’eau dans votre seau devient de plus en plus trouble : c’est la même raison pour laquelle votre huile de vidange devient noire avec l’usure !



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